Koi Ki


Koi Ki à été présenté au Centre Simon Bolivar (Montréal)

 

Dans ce projet, je me propose d'explorer la frontière entre la perte de forme et l'abstraction du motif, comme principe créateur d'espace de lecture de l'indicible.
Ainsi le ki, la vibration du vivant, peut être esquissé par la vibration colorée et lumineuse du sujet. L'eau, symbole du magma de vie, où les êtres se meuvent avec leurs propres couleurs, leurs expressions personnelles de ce flux intérieur qu'est l'energie de vie, devient le prisme d'une vision kaleidoscopique du vivant. Les kois, fleurs de tradition dans le jardin japonais, animaux à nos yeux, mélangent leurs couleurs sans préjuges, comme des êtres humains pourraient le faire avec un peu de sagesse. Parfois emerge un regard venant interpeller notre façon de regarder, venant vous reveler une presence sensible : voir et être vu.

Le mince fil de quelques millions d'années qui nous separent dans l'évolution peut se rompre pour nous donner à ressentir cette proximité d'âme, ce partage de temps et d'espace qui nous relie à la nature, à ces autres êtres si différents et pourtant si proches. Oublier l'espace d'un instant nos prejugés, sortir de notre perspective anthropocentrique, pour s'ouvrir au principe du vivant au sens large. Le motif peut rester un pretexte et se répéter indefiniment, comme Manet l'aurait fait, pour tenter de sentir les infimes variations de la lumière, alors que le sujet réel est cette prise de conscience interieure. L'experience artistique resolument perdue dans les strategies postmodernes n'est pas l'objectif recherché, bien au contraire, c'est l'integration sensible qui est suggerée, l'interiorité inconsciente qui se nourrit de couleurs et de formes pour créer son propre cheminement, libre des contraintes interpretatives. Mon approche est resolument classique au sens grec de la necessité artistique comme moteur de notre évolution spirituelle et personnelle. Tout en integrant la souplesse de la modernité dans la mise en forme, je cherche des espaces où l’âme peut se reconnaître, se nourrir. Dans mon projet de paysages oubliés, la couleur emergeait d'un support vide de sujet. Nous étions les créateurs d'un paysage qui n'existait pas. Nous étions invites à liberer notre imaginaire dans la matière brute du flm photographique. Ici, le sujet est un oscillement entre le mouvement, la couleur et parfois le regard animal, où la perte de forme pictorialisante nous invite à la rêverie poétique.

Frederic Chais Photography copyright © 2013 / Call 514-561-7682 / fredericchais.photo@gmail.com

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